De plus j'ai une licence^^
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J'étais là et je m'en souviens....
7h00, le réveil de Loane sonna brutalement, la faisant violemment sursauter et la ramenant durement à la triste réalité.
Encore un jour qui se levait, côtoyant mièvrerie et banalité. La jeune femme soupira, résignée, et tenta de remettre de l'ordre dans sa chevelure brune, jaugeant son pâle reflet dans le miroir, au dessus de l'évier.
La lumière filtrant par la fenêtre l'éblouit vivement, lui faisant cligner ses yeux gris.
Une heure plus tard, enfin prête, elle sortit de chez elle, contemplant un monde qui lui était si familier et pourtant si étranger, lointain. Il faisait encore nuit et extrêmement froid. Lentement, Loane se dirigea vers son lieu de travail, comme chaque jour, pénible et monotone routine qui renforçait son mal être.
-Loane dépêches toi, le patron t'attend depuis 10 min déjà !
-Je sais Serj, je sais... Répliqua t'elle machinalement, agacée.
L'homme d'âge mur l'effleura et lui susurra à l'oreille :
-Et que fais tu du dîner que je t'ai proposé ?
Un frisson désagréable parcourut l'échine de la jeune femme, ne supportant pas le simple contact de l' homme.
-Ecoutes Serj, je suis désolée, vraiment, mais je n'ai pas la tête à ça en ce moment !
-Oui, je comprends, tu traverses une période difficile, mais n'oublies pas !
Loane fronça les sourcils, croyant percevoir une menace dans ses propos, mais l'homme lui était si antipathique qu'elle s'empressa de l'oublier et se dirigea vers le bureau de son patron.
-Ah ben, c'est pas trop tôt ! La réprimanda t'il, dépêchez vous, nous n'avons pas que ça à faire ! Vite ! Prenez cette adresse, pour un reportage en toute exclusivité : Un homme s'est suicidé après la mort prématurée de sa femme, (en même temps y en a suffisamment dans le monde pour que ce soit gênant !), et le bonhomme trempait dans de curieuses affaires, de trafic de drogues... Il pratiquait également de curieux cultes vaudous... Bref, secouez vous ma fille !
Loane acquiesça, éc½urée par les propos de son patron, elle saisit vivement le bout de papier sur lequel figurait l'adresse, foudroyant au passage son supérieur du regard : Les drames et les victimes faisaient toujours le pain béni des médias... Sur cette pensée, elle partit vers le quartier pauvre et insalubre, constitué de hauts immeubles décrépits qui feraient pâlir d'envie une décharge municipale. La jeune femme pénétra dans le bâtiment dans lequel c'était déroulé le drame : Un immeuble désaffecté, et poussa doucement la porte de l'appartement qui curieusement n'était pas fermé à clé, celle-ci se mit à grincer striduleusement, à l'image d'une maison hantée. Loane s'avança lentement, peu rassurée. Brusquement, une odeur de putréfaction lui saisit les narines. Elle hurla, le c½ur battant à tout rompre, en découvrant le cadavre de l'homme gisant dans une immense marre de sang.
-Que faites vous là ?
La jeune femme sursauta en entendant l'interjection, se croyant seule. Un policier venait de déboucher dans son dos :
-Vous êtes journaliste ?
Devant le mutisme de la jeune femme l'homme poursuivit :
-Ne vous en faites pas, je ne suis plus en service... Vous vous débrouillez toujours pour arrivez avant nous ! Ah les indics...
Loane opina, incapable d'articuler un mot, horrifiée, autant par l'agent de police que par le cadavre, gisant au sol.
-Ce n'est pas beau à voir, il y a vraiment des gens à plaindre...
La jeune femme acquiesça, mais la peur et le dégoût lui nouaient l'estomac.
-Vous gênez pas, prenez des photos, je ne dirais rien pour vous...
Loane hésita, méfiante, et ayant le désagréable sentiment de profaner un interdit, puis, elle s'exécuta consciencieusement. Quelque chose en cet endroit, autre que le cadavre, lui paraissait hostile, comme une présence invisible. Les murs tâchés de sang et couverts de poupées vaudous clouées au murs, et aux visages déformées et torturés n'étaient pas non plus là pour la rassurer, semblant surveiller le moindre de ses mouvements.
Transpirant violemment, la jeune fille se recula, angoissée par le silence tendu qui régnait. Brusquement, elle sursauta alors que le policier posa une main sur son épaule pour la réconforter.
Depuis tout à l'heure, son sentiment d'oppression c'était encore accentué.
Lentement, l'homme s'avança et se pencha sur le cadavre :
-Le malheureux... Quoi qu'il ait pu faire, cela reste un homme...
Loane se mit à trembler violemment, terrorisée, pour une raison qu'elle ignorait. Soudain, malgré elle ,ces mots s'échappèrent de sa bouche :
-Il faut partir d'ici !
Le policier la fixa, incrédule : Elle était extrêmement pâle et semblait réellement horrifiée, comme si elle venait d'apercevoir la mort en personne.
-Allons, ne vous inquiétez pas, ça va aller ! La rassura t'il.
-Non, il faut partir immédiatement !
Comme pour confirmer ses dires, les fenêtres se mirent à claquer violemment, et les volets s'abaissèrent brutalement, les plongeant dans une pénombre quasi-totale. Seuls étaient perceptibles leurs râles respectifs : Celui de Loane était haletant, comme si elle venait de courir sur plusieurs kilomètres : La peur, le sentiment que l'irréparable allait se produire ne la quittait plus depuis qu'elle avait découvert le cadavre. Secouée par des frissons incontrôlables, elle alluma le flash de son appareil photo, éclairant faiblement la pièce. Le c½ur battant, elle se réfugia prés du policier.
-Qui a fait ça ? Interrogea t'il en ôtant son arme de son étui.
Seul le silence pesant lui répondit.
-Répondez !
Brusquement, la porte d'entrée se mit à claquer violemment, comme en ultime provocation. La jeune femme se précipita sur elle :
-C'est verrouillé ! Fit-elle la voix déformée par la peur.
Le policier se tourna vers elle, inquiet, soudain, il vit le visage de Loane se décomposer, comme en proie à une indicible terreur.
-Derrière vous ! Hurla t'elle tremblant de tous ses membres :
Du cadavre venait de surgir une épaisse fumée noire, nauséabonde.
-Fuyez ! Hurla l'Homme en tirant sur l'entité.
Loane n'eut de cesse de tirer le porte vers elle, mais celle ci ne coulissa pas, comme scellée par une force invisible.
-Vite ! Cria le policier angoissé.
-C'est bloqué ! Gémit la jeune fille du voix blanche, alarmée.
Soudain, l'épaisse fumée noire fondit sur l'homme qui se fit happer aussi facilement que s'il s'agissait d'un fétu de paille, hurlant et se débattant vainement contre ce qui tentait de l'envahir.
-Mon Dieu ! S'exclama Loane horrifiée, en s'acharnant comme une forcenée sur la porte, parcourue de frissons, incontrôlables, luttant pour tenter de survivre et de s'enfuir. Soudain, elle s'immobilisa, tremblante de peur, sentant un souffle régulier lui parcourir la nuque. Brusquement, la porte coulissa. Loane se rua au dehors, ne prenant même pas la peine de se retourner, courrant à tout rompre vers sa voiture, la peur au ventre. Soudain, elle entendit un violent craquement ébranler tout l'appartement. La jeune femme sortit brusquement au dehors, respirant à grande goulée l'air. Elle vit rassurée sa voiture se découper dans l'obscurité. Elle s'élança comme une dératée, en sueur, et plaça la clé dans le contact.
-Démarre ! Démarre ! Supplia t'elle.
Une silhouette se découpa vivement à l'entrée de la résidence. La jeune femme n'osa même pas la fixer.
-Plus vite allez !
Brusquement, la voiture subit un choc violent, ébranlée de toute part. Loane, paniquée appuya de toutes ses forces sur l'accélérateur. Un vrombissement retentit. La jeune femme remercia le ciel pour sa miséricorde et démarra à toute allure, frissonnant violemment de temps à autre, angoissée. Elle s'éloigna rapidement de l'endroit maudit, fuyant l'entité inconnue qui l'avait agressée, tremblant lorsque la vision du policier happé par l'épaisse fumée noire se rappela à elle :
-Mais qu'est ce que c'était ? S'nterrogea t'elle paniquée.
Quoi que ce soit, cela ne l'avait pas suivit... La jeune fille ne s'arrêta pas pour autant de rouler, peu rassurée à l'idée de s'arrêter...
La jeune femme rentra chez elle et prétexta un soudain accès de fièvre pour poser un congé maladie. Sa terreur était telle que le moindre bruissement la faisait sursauter. Pour se détendre, elle se prépara une tisane, les nerfs à vif. Brusquement, un miaulement strident s'éleva, Loane sursauta, poussa un cri de peur, et lâcha sa tasse qui se brisa en mille morceaux. Tremblant de tous ses membres, elle ramassa les débris un à un et épongea le sol. Le liquide s'écoulant sur le sol lui rappela le sang dans l'appartement.
Loane secoua violemment sa tête afin de chasser ces visions cauchemardesques. A bout de force, elle se blottit en sécurité dans son lit, sous sa couette, mais dés qu'elle fermait les yeux, le cri horrifié du policier lui vrillait les tympans. Plusieurs heures plus tard, harassée , la jeune femme s'endormit, le sommeil peuplé de cauchemars plus intenses les uns que les autres...
Le lendemain, la jeune femme se réveilla en sueur, se demandant si tout ceci n'avait pas été un mauvais rêve. D'ailleurs cela paraissait si absurde...
Légèrement rassurée, elle alluma la télévision, mais le programme habituellement diffusé à cette heure là fût interrompu :
« Toujours aucunes nouvelles de l'agent disparu hier : Jack Lindon. N'hésitez pas à téléphonez si vous avez des informa... »
Loane éteignit la télé, tremblant de tous ses membres. Alors tout ceci était bien réel...
Brusquement, la sonnette de son appartement retentie, la jeune femme pâlit, terrorisée à l'idée de voir débarquer des agents fédéraux.
-Loane !
L'intéressée se dissimula dans un coin, l'homme insista, tambourinant violemment sur la porte :
-Loane, c'est moi Serj !
La jeune fille soupira, soulagée et agacée à la fois : Elle ne lui avait jamais donné son adresse... A contre c½ur, elle se leva et regarda par le judas :
Il était seul... Lentement, elle déverrouilla la porte. L'homme lui sauta au cou :
-Je me faisais du soucis ! Ce ne va pas ?
-Si, si... Répondit Loane en déglutissant péniblement
-Ah, enfin seuls tous les deux ! Au bureau nous ne le sommes jamais vraiment !
Le souffle de Serj sur son cou exaspérait la jeune femme, et brusquement, une lueur d'effroi passa sur son visage alors qu'elle réalisa l'erreur qu'elle avait faites en le laissant entrer.
-Tu n'es pas au travail ?
-Non, pas aujourd'hui, on est samedi Loane !
-Ah... Fit-elle déçue.
-Tu ne me fais pas visiter ?
-Je ne pense pas que ce soit nécessaire, et puis, je suis épuisée !
Serj la foudroya du regard, l'½il mauvais :
-Pourquoi emploies tu toujours ce ton méprisant lorsque tu t'adresses à moi ? Cela m'exaspère ! Fit-il menaçant.
Brutalement, il la plaqua contre le mur :
-Personne ne pourra t'entendre crier !
Une lueur de peur passa sur le visage de la jeune fille qui se mit à trembler incontrôlablement.
Soudain, le portable de l'homme retentit. Loane en profita pour chercher un échappatoire , mais l'unique se trouvait derrière Serj.
-J'arrive ! Déclara ce dernier en fermant le clapet de son portable. Tu as de la chance, un abruti s'est mis en congé maladie, et je dois le remplacer maintenant, mais tu ne perds rien pour attendre !
Il la rejeta brutalement à terre et claqua violemment la porte que Loane verrouilla précipitamment derrière son dos, haletant, pétrifiée. Des larmes roulèrent sur sa joue devant son impuissance. Elle se trouvait actuellement dans une impasse...
Le lendemain, Loane se leva, toujours aussi exténuée que la veille, pâle comme la mort, appréhendant la journée qui allait se dérouler, craignant un nouveau désastre. Elle se refusa délibérément à allumer la télévision, tremblant à l'idée de pouvoir se voir inculpée dans le crime de Jack Lindon, l'agent de police.
La jeune femme était véritablement bouleversée , mais elle n'aurait su dire ce qui l'horrifiait le plus : L'entité de l'appartement miteux, ou Serj ?
Lorsqu'elle se remémora son visage, elle fût saisit de violents et incontrôlables hauts le c½ur. Prise de vertige, elle sortit au dehors pour respirer l'air frais qui lui redonna quelques couleurs. Puis, plongée dans ses chaotique pensées, elle marcha lentement, sur le trottoir encore glissant, à cause de la pluie ruisselant doucement des toits et gouttières.
Loane se frictionna vigoureusement les bras, pour tenter de se réchauffer.
Ses pas la conduisirent devant l'immense centre commercial de la ville. Attirée, telle une abeille par du miel, elle s'avança timidement, ne prêtant guère attention aux gens qui la bousculait, ou la dévisageait telle une bête curieuse.
A pas comptés, elle s'avança dans l'immense hall blanc aux lumière éblouissantes, les oreilles bourdonnant sous les multiples conversations de ses semblables, affairés à leurs courses pour la consommation telles de besogneuses fourmis. La jeune femme s'arrêta au niveau des caisses désertées, fermées à cette heure là, observant chaque point de son environnement, plus ou moins familier et rassurant. Puis, brusquement, elle releva la tête, jaugeant les caisses vides, ses yeux, s'agrandirent, trahissant une indicible surprise lorsqu'elle aperçue un homme, se tenant debout, à l'extrémité d'un des tapis roulants : Il portait un grand et épais manteau en cuir, le couvrant entièrement, ses bottes noires montaient jusqu'à ses genoux. Il avait de longs cheveux couleur jais, dénoués, tombant en cascades sur ses épaules. Les yeux dans le vague, d'une extrême pâleur, personne ne semblait l'avoir remarqué, malgré sa curieuse posture et son imposante prestance.
Loane se recula vivement, effrayée par l'individu. Elle se tourna vers une des caissières se trouvant à proximité, souhaitant avoir une explication :
-Pourquoi cette homme est il là dessus ? Pourquoi l'y autorise t'on ?
La caissière haussa un sourcil, suspicieuse, et regarda dans la direction que lui signifiait son interlocutrice :
-Je suis désolée madame, mais il n'y a rien !
-C'est une plaisanterie ? S'emporta Loane, arrêtez de vous payez ma tête, je ne suis pas folle ! Il y a quelqu'un ici !
La caissière la jaugea avec condescendance et pitié :
-Vous devriez vous reposez, je crois...
Loane se détourna brusquement, déroutée, perdant tous ses moyens : Semblant se dérober de plus en plus à elle même.
Brutalement, alors qu'elle courrait sans discontinuer, elle trébucha et s'effondra au dehors, s'étalant dans une flaque d'eau sale, s'écorchant vivement les mains : Non... Elle n'était pas folle, seulement harassée de fatigue, à bout de force, déboussolée... Oui... Cela ne pouvait qu'être cela... Tremblant de tous ses membres, elle se redressa durement, et rentra piteusement chez elle, tentant d'oublier l'apparition du centre commercial...
Le lendemain, la jeune femme s'éveilla laborieusement, peu désireuse de replonger dans la triste et effroyable réalité, malheureusement pour elle, son réveil ne lui laissa guère le choix. Doucement, elle ouvrit ses yeux, encore englués par la fatigue, puis, elle battit des paupières et se redressa en baillant, lorsque subitement, elle se figea et hurla en chutant de son lit. Il lui semblait avoir brièvement entraperçu un Homme, immobile, en plein milieu de sa chambre, puis, l'apparition s'était volatilisée. Loane se calla en frémissant contre le mur, puis, elle déposa une de ses mains sur son front, inquiète. Elle n'avait visiblement pas de température... Anxieuse, elle rassembla ses affaires et quitta son domicile, sans pour autant parvenir à oublier sa troublante vision. Dès qu'elle arriva dans son journal, son patron l'assaillit, tel un jar en colère, piaillant et s'agitant en vain :
-Bonjour... Bonjour ! Marmonna t'il. Bon vous êtes guérie ? Je n'admettrai que vous me refiliez une quelconque saloperie ! Enfin... Dépêchez vous mon petit, nous avons du pain sur la planche ! Et d'abord, où a bien pu passer votre appareil photo ? Vous êtes une journaliste. Non ? Je vous conseille de le retrouver, car nous allons en avoir impérativement besoin ! Cette affaire sur ce Jack... Lindon est bien plus intéressante à exploiter que celle sur ce vaudou, drogué adeptes de cultes sataniques.
Loane pâlit lorsqu'il évoqua l'appareil photo, se remémorant instantanément l'endroit dans lequel il se trouvait.
-Je... Je suis désolée, mais je crois que je l'ai perdu... Bredouilla t'elle confuse.
-Hé bien vous allez vous dépêcher de me le trouver ou je vous vire !
-Mais monsieur... Protesta Loane.
-Il n'y a pas de mais ! C'est bien moi qui vous verse votre salaire à la fin du mois ! J'entends donc que vous m'obéissiez, et sans discuter encore ! Trouvez le ! S'emporta t'il en devenant rouge pivoine.
Loane inclina la tête en signe de consentement et se rendit à reculons dans les quartiers dés½uvrés de la ville. Tremblant à l'idée d'être à nouveau confrontée à la démoniaque entité qui avait manqué d'atteindre à ses jours. A contre c½ur elle descendit de la voiture et se dirigea en traînant des pieds vers l'insalubre et lugubre immeuble s'élevant à travers quelques gravats. Brusquement, une bouffée d'angoisse la saisit alors qu'elle déposa sa main sur la porte d'entrée du bâtiment grisâtre. Elle s'immobilisa, tentant de conserver le peu de sang froid qui lui restait, puis, elle pénétra à l'intérieur du logis, sursautant vivement lorsque la porte se referma dans son dos avec un claquement sec. Ses yeux mirent énormément de temps à s'accoutumer à la pénombre, et instantanément, elle eut l'impression de suffoquer, sujette à une bouffée d'angoisse. N'écoutant que son courage, elle s'avança dans le hall délabré. Son c½ur s'emballa brusquement lorsqu'elle réalisa que des lattes de parquets avaient sauvagement été arrachées devant l'appartement de la victime, comme si une violente tempête s'était déchaînée à l'intérieur même du bâtiment, dévastant tout sur son passage. Vaillamment, Loane s'avança, enjambant les décombres, puis, elle s'engouffra dans la sinistre pièce, haletant intensément, et suant par tous les pores de sa peau. Rapidement, après s'être apaisée, elle aperçut son appareil photo, gisant sous une armoire miteuse. Sans plus attendre, elle se baissa et s'en empara. Mais brusquement, elle suspendit son geste, tressaillant lorsqu'elle entendit un bruit sourd. Horrifiée, la jeune femme se retourna, les yeux agrandie par une indicible frayeur, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'il s'agissait simplement d'une des poupée vaudous qui s'était écrasée sur le sol poussiéreux. Rassérénée, Loane agrippa son instrument de travail, se redressa promptement, et prit ses jambes à son cou, frissonnant à chaque craquement de parquet. Elle émergea soulagée au dehors, tremblant de tous ses membres, puis, elle s'engouffra dans sa voiture et démarra en trombe, quittant définitivement ce quartier damné. La jeune femme jura en son fort intérieur que jamais plus elle n'y mettrait les pieds. Après avoir roulé pendant de longues minutes, elle se gara devant son journal et alluma son appareil, afin d'analyser la photo malencontreusement prise le jour de l'effroyable mort de Jack Lindon. D'une main hésitante, elle sélectionna la dernière photo. Fébrilement, elle posa son regard tourmenté dessus, et ce fût à ce moment là qu'elle réalisa pantelante, que seul le policier figurait sur le cliché, rien d'autre... Il semblait terrorisé, peut-être étais-ce à cause de sa nuque en sang ? Ou parce qu'il semblait se débattre contre une présence invisible... Le c½ur au bord des lèvres, Loane mit sa main devant sa bouche et fit tomber l'appareil, effaçant de ce fait malencontreusement la dernière photo. Mais peu importait à la jeune femme, en effet, plus aucune preuve ne pouvait dès à présent être retenue contre elle dans cet homicide. Elle descendit troublée de son véhicule, et rentra en vacillant à l'intérieur de son lieu de travail, terrifiée à chaque fois qu'elle se remémorait l'expression torturée qu'arborait l'agent de police sur le cliché. Elle ne cessait de se demander pourquoi il figurait seul sur cette photo et ce qui avait pu se passer... Mais malheureusement ses spéculations n'auraient pues expliquer le phénomène... Elle secoua vivement sa tête, tentant de se soustraire à toute l'horreur qu'elle ressentait, mais en vain...
Loane, préoccupée chaque heure davantage encore, se décida en rentrant chez elle à appeler son meilleur ami. Nerveusement, elle tordit le fil du téléphone entre ses doigts, patientant fébrilement avant qu'il ne réponde.
-Allô Evan...
L'intéressé s'alarma lorsqu'il entendit la voix blanche de son amie. Immédiatement, il s'enquérit de ses nouvelles, semblant préoccupé par l'état déplorable dans lequel elle se trouvait.
-Tout va bien Loane ?
-Oh mon Dieu, Evan... Si tu étais là ! Murmura la jeune fille d'une voix chevrotante, ignorant son interrogation.
-Tu peux tout me dire, tu le sais !
Loane acquiesça, mais tout cela semblait si insensé ... Elle n'était même pas sure qu'Evan la croirait, Cependant, elle lui avait téléphoné, autant donc en profiter pour se livrer et se décharger de son pesant fardeau...
-J'espère que tu ne me jugeras pas... Oh Evan ! J'ai l'impression de devenir folle ! Je vois... Elle déglutit péniblement, je vois des apparitions...
Le jeune homme haussa un sourcil, dubitatif, et demeura un long moment silencieux :
-Loane... Murmura t'il sur un ton condescendant, il est normal qu'après ce qu'il t'es arrivée tu sois déboussolée !
Loane se mordit la lèvre inférieure, prenant subitement conscience de son pathétisme :
-Tu ne me crois pas ?
-Hé bien, je pense simplement que tu as besoin de beaucoup de repos... Et puis ton job est trop envahissant, tu aurais dû prendre quelques jours de congés... N'importe qui l'aurait fait après un tel drame !
-Je t'assures que c'est vrai ! Protesta t'elle piquée au vif, je perçois des choses que les autres ignorent !
-Mais oui ! Mais oui... Je te crois ! Fit-il sur un ton peu convaincant.
La jeune femme se laissa glisser contre la commode ornant le salon, et passa sa main dans ses épais cheveux noirs, découragée, puis, exaspérée, elle raccrocha brutalement le téléphone, et enfouie sa tête entre ses jambes, restant prostrée ainsi durant de longues minutes. Finalement, Loane se leva, et se rua au dehors, déterminée à obtenir des réponses à sa foule d'interrogations. Au passage, elle saisit son anorak et se précipita vers l'imposant centre commercial, bondé de monde en cette heure tardive.
La jeune fille déboula telle une tornade dans le hall lumineux, et se rua vers les caisses, à l'endroit précis où elle avait aperçu sa toute première apparition. Elle ignorait si ce qu'elle projetait allait aboutir à quelque chose, mais néanmoins, il fallait qu'elle agisse impérativement ne serait ce que pour sa tranquillité d'esprit... Loane se dressa devant les tapis roulants, recherchant activement l'inconnu à travers la foule gargantuesque. Son c½ur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle le reconnut. Elle s'avança vers lui, d'un pas décidé, et s'apprêta à communiquer avec lui pour la toute première fois mais subitement, quelqu'un la percuta, et elle s'effondra de tout son long, non sans avoir poussé un gémissement de douleur. Elle frotta vigoureusement ses bras endoloris :
-Vous pourriez faire plus attention ! Maugréa t'elle exaspérée, en relevant la tête, la jeune femme ne pût réprimer une exclamation de surprise en voyant l'Homme la dévisager expressément : Il s'agissait de celui qui l'avait bousculé.
-Oh non... Murmura t'elle horrifiée.
Elle s'aperçut que s'était encore une de ses apparitions, néanmoins, elle disposait d'une réelle consistance, à en gager par la violence de la collision... L'inconnu était d'une beauté glaciale et captivante. Il portait avec élégance une veste et un pantalon noir, assortis à une chemise immaculée. Les sombres reflets de ses cheveux jais luisaient sous la lumière blafarde du magasin. Il irradiait une fascinante et effrayante aura semblable à celle d'un ange déchu. Loane semblait littéralement paralysée par son regard émeraude.
-Je te déconseilles de lui adresser la parole... Lui conseilla t'il gravement, cela pourrait causer ton trépas prématuré...
Loane opina, mais fût incapable de formuler une réponse intelligible, envoûtée par la magnificence de l'entité, puis, elle se ressaisit, et recula instinctivement, effrayée. Elle s'apprêta à prendre ses jambes à son cou, mais l'individu lui barra le passage, s'élevant menaçant, il lui susurra doucereusement à l'oreille :
-Nous ne serons pas à l'aise ici pour converser...
Loane frissonna. Les yeux de l'homme scintillaient d'une lueur terrifiante, démente, qui glaça d'effroi la jeune femme.
-Je n'ai rien à vous dire ! Bredouilla t'elle courageusement, tentant de se dégager de l'irrésistible emprise qu'il exerçait sur elle, mais celui-ci ne se démonta pas à l'empoigna férocement, puis, tout sembla instantanément se brouiller autour d'eux, et ils se volatilisèrent. Loane hurla en se débattant violemment, littéralement terrorisée, mais lorsqu'elle se rendit compte que s'était inutile, elle ferma craintivement les yeux et s'abandonna dans les bras de son bourreau. Quand elle les rouvrit, elle réalisa qu'elle se trouvait dans son appartement. La jeune femme songea alors avoir rêvé, jusqu'à ce que son regard croisa celui de l'apparition. Elle tenta alors de se dérober à sa vue, mais ce dernier ne semblait pas décidé à la laisser partir aussi facilement. Il s'interposa et déclara menaçant :
-Ne fais pas l'enfant. Tu ne peux m'échapper !
Ses yeux la transperçaient, et la réduisaient à néant.
-Je me présente. Fit il après un long silence, je m'appelle Liam.
La jeune femme frissonna, à la fois fascinée par son incommensurable beauté, et subjuguée par la lueur inhumaine étincelant au fin fond de ses yeux, son regard était semblable à celui d'un dément. Il s'avança vers elle, effrayant, après avoir précautionneusement rabattu le loquet sur la porte. Lentement, Liam tourna autour de Loane, semblable à un prédateur assoiffé de sang sur le point d'abattre sa proie. La jeune femme frémit, redoutant que le pire ne se produise :
-Que me voulez vous ? Interrogea t'elle la voix tremblante, évitant consciencieusement son inquiétant regard. L'intéressé esquissa un sourire dévoilant ses dents étincelantes :
-Je te l'ai déjà dit ! Fit-il en la frôlant, je veux simplement avoir une petite conversation avec toi.
Loane hésita sur la démarche à entreprendre, son entêtante aura l'empêchait de se concentrer, et lui faisait perdre ses moyens. La jeune femme se mordit nerveusement la lèvre inférieure et tenta de se ressaisir. Elle réalisa alors que seul le dialogue semblait envisageable lorsque l'apparition s'installa confortablement sur son sofa rouge, ornant le salon. L'homme l'invita à l'imiter, et Loane s'assit appréhensive, face à lui, évitant de se laisser envoûter par son charme .Elle abaissa la tête, et respira profondément, afin de retrouver le peu de contenance qu'il lui restait. Au bout d'un long moment d'intense observation, Liam rompit le silence oppressant :
-Je suppose que tu ignores tout de ta condition...
Loane se risqua à le dévisager, avide d'en savoir davantage.
-Bien, laisses moi tout t'expliquer... Notre histoire a commencé il y a de cela 309 ans, lorsque la porte des enfers a été découverte au fin fond d'une grotte se situant au plus profond d'une forêt des plus inhospitalières... Des fanatiques sont parvenus à la localiser, d'après la lecture de nombreux manuscrits interdits, et d'étranges et troublants témoignages. Malheureusement en ce qui les concerne, ils sont parvenus à ouvrir cette porte, et ce fût à partir de ce moment précis que tout est allé de mal en pire. En effet une effroyable calamité s'est répandue à travers le monde, le gangrenant, et en faisant pourrir le moindre recoin... D'étranges évènements se sont dès lors produits, toujours plus sanglants et révoltants : D'étranges disparitions, des meurtres... La police demeurait et demeure impuissante. Les morts, pour la plupart invisible aux yeux du genre humain prenaient leur revanche et déversaient toute leur haine et leur frustration contre les vivants.
Loane écarquilla les yeux et se retint de ne pas rire, tant cela paraissait absurde, mais comme s'il avait lu dans ses pensées, Liam la foudroya du regard :
-Soit ! Tu n'es pas obligé de croire ce que je te dis, mais reconnais quand même que tu vois des choses paranormales...
Loane se mit à réfléchir frénétiquement, Liam n'avait aucun intérêt à lui mentir, et d'étranges phénomènes s'étaient produits durant toutes ces années, mais de là à imaginer une telle Apocalypse...
-Ainsi vous seriez une sorte de fantôme ? Interrogea t'elle dubitative.
Le visage de Liam s'éclaira, puis, il sourit, amusé, ce qui accentua davantage encore sa glaciale beauté :
-Non, les fantômes sont le fruit de légendes urbaines inventés par les humains pour effrayer quelques adolescents et enfants. Nous, nous sommes bien davantage que cela... Nous sommes des âmes damnées, condamnées à errer jusqu'à la fin des temps, sans but et sans devenir, capables de générer le bien ou le mal, selon nos prédispositions naturelles...
Loane l'encouragea à poursuivre, sentant qu'ils allaient rentrer dans le vif du sujet.
-Comme tu dois le savoir, reprit-il, les Hommes sont pleins de ressources, et lentement, sans même s'en apercevoir, leur organisme s'est modifié, leur conférant une plus grande résistance face aux âmes damnées. Pour pallier à cela, nous nous sommes pour la plupart dotés d'une enveloppe charnelle, s'emparant de corps humains lorsqu'ils étaient sur le point de passer de vie à trépas... Et nous pouvons ainsi continuer à nous nourrir de vos âmes impunément. Tu dois te demander également pourquoi tous les Hommes ne sont pas à mêmes de nous voir, c'est tout simplement parce que lorsque nous nous emparons d'un cadavre, nous damnons son corps et l'altérons en une essence nouvelle, pâle reproduction de ce que nous étions de notre vivant. Essence invisible aux yeux des terriens.
-Dans ce cas, si ce que tu affirmes est vrai, pourquoi suis je à même de vous voir ?
-Hé bien... Hésita Liam, c'est que tu n'es pas n'importe qui... Tu es une détentrice d'essence, tu peux conférer aux âmes damnés qui le souhaitent le repos éternel. Mais si tu comptes survivre, tu dois savoir que pour nous, les années passées ici sont équivalentes à un lent poison, il nous ronge, nous dépossède du peu d'âme que nous détenons, le besoin de tuer et la haine deviennent de plus en plus pesants, oppressants... Si un jour tu arrives à maîtriser tes capacités, tu seras à même d' enrayer cette malédiction. Malheureusement pour toi, la plupart des détenteurs d'essences possèdent une âme des plus alléchantes, et bientôt, à cause de cela, on te poursuivra sans relâche pour te la dérober. Mais ils s'attaqueront d'abord à ton entourage et à ta famille pour te rendre plus vulnérable.
Une lueur de peur traversa le regard de Loane, puis, instantanément, son visage se décomposa, et elle se redressa brutalement, piquée au vif, le c½ur au bord des lèvres :
-C'est impossible je ne peux vous croire !
-Pourtant il s'agit de la stricte vérité...
-Pourquoi m'avez vous raconté tout cela ! Tempêta t'elle fulminant de rage.
-Tu devais être mise au courant, pour des raisons qui me concernent...
La jeune femme secoua vivement la tête, comme si elle tentait de chasser un insecte nuisible, puis, elle hurla :
-SORTEZ ! SORTEZ ! Tout de suite !
Liam lui lança un regard glacial, mais la détentrice d'essence l'ignora.
-Il en sera fait selon ton désir, mais tu risques d'amèrement le regretter, car tu ne pourras t'en sortir sans mon aide... Enfin... A bientôt !
Loane le poussa au dehors, et instantanément, il se volatilisa. La jeune femme, suant à grosses gouttes, et haletant vivement, tenta de reprendre lentement son sang froid. Elle se lova dans son sofa, semblable à une petite fille effrayée par un violent orage. Elle s'efforça d'oublier cette entrevue et de refouler au plus profond d 'elle même les paroles de Liam et l'irrésistible attraction qu'il exerçait sur elle et la tourmentait. Lentement, ses yeux se posèrent sur une photo, trônant à côté du buffet.
-Dan... Murmura t'elle attristée.
Elle baissa la tête, le c½ur chargé de remords, puis, elle s'abandonna à ses sombres et chaotiques pensées, et finit par sombrer dans un sommeil lourd et profond...
Lorsque Loane s'éveilla, elle s'affaira immédiatement, afin de ne pas re-songer à Liam. Elle se prépara afin d'aller travailler. Au dehors, il pleuvait à verse, et le doux et monotone refrain de pluie s'écoulant sur les toits apaisa le c½ur à vif de la jeune femme. Loane secoua la tête, se refusant à croire en la sincérité de l'apparition, en effet, comment pouvait ton admettre de telles aberrations alors que tout paraissait si réellement banal ? Loane se réprimanda , tout cela ne valait pas la peine que l'on s'y intéresse, et pourtant...Ses yeux se posèrent sur la photo de Dan, mais instantanément, la jeune femme se mordit la lèvre et s'efforça de chasser ces désagréables souvenirs ...Néanmoins, malgré tous ses efforts, le regard glacial et l'air hautain de Liam ne s'effacèrent pas de ses pensées. Quelques minutes plus tard, elle quitta son appartement, et se dirigea comme chaque jour vers son bureau miteux. Lorsqu'elle se présenta à l'entrée du bâtiment, la secrétaire, rouge d'excitation l'accueillit, ses boucles rousses ébouriffées tressautaient sur ses épaules à chacun de ses pas précipités, trahissant sa fébrilité croissante.
-Loane s'exclama t'elle haletante, le patron t'attend, je préfère te prévenir, il est de très mauvaise humeur...
Loane la remercia d'un signe de tête, et se précipita vers le bureau de son supérieur, saisit par un mauvais pressentiment. Celui-ci suait à grosses gouttes, et paraissait plus agité encore qu'à l'accoutumé :
-Asseyez vous mon petit, asseyez vous, j'ai à vous parler...
Loane s'exécuta, de plus en plus appréhensive, elle fixa son patron, angoissée, l'intéressé se tamponnait le visage avec un mouchoir déchiré.
-Je ne vais pas tourner plus longtemps autour du pot, nous sommes en crise, et je dois vous avouer que notre journal est en train d'en pâtir, je me vois donc contraint de vous congédier, vous toucherez vos indemnités, rassurez vous !
-Quoi ? Interrogea Loane interloquée.
-Vous avez très bien entendu mon ange, vous êtes virée ! Les temps sont durs !
-Mais pourquoi moi ? S'indigna Loane.
-Hé bien vous êtes la plus jeune et la moins expérimentée de notre service. Cela me coûtera moins cher de vous licencier vous, plutôt qu'un ancien de la maison tel que Serj. C'est la dure loi du capitalisme qui l'emporte, je suis désolée, sincèrement... Maintenant obtempérez, et débarrassez moi le plancher !
La jeune femme se redressa brutalement, en faisant bruyamment racler sa chaise sur le sol, foudroyant au passage son ancien patron du regard :
-C'est une aberration ! Tonna t'elle en tremblant de tous ses membres, révulsée.
-Allons, comme vous y aller ! La rédaction se passera très bien de fardeaux tels que vous !
S'en était trop... Loane, furieuse, fit volte face, et claqua violemment la porte du bureau sous l'½il réjouit de Serj. La jeune femme aurait voulu hurler tant son désarroi était grand, mais à quoi bon ? Les choses ne pourraient désormais changer. Loane ignorait ce qu'elle allait devenir sans aucun salaire pour subvenir à ses besoins. Tristement, elle erra dés½uvrée dans la rue, marchant sur les trottoirs humides, la pluie ruisselant le long de ses pâles joues et détrempant ses longs cheveux jais. Si elle voulait survivre, il fallait impérativement qu'elle trouve un boulot d'appoint. Elle passa d'interminables semaines à chercher un emploi. Elle finit, désespérée, par demander au patron d'un bar miteux s'il avait besoin de main d'½uvre. Celui-ci la dévisagea de haut en bas, puis sourit, dévoilant des dents jaunies :
-Ca devrait pouvoir s'arranger...
Il frotta satisfait ses mains sales sur son tablier crasseux, et invita la jeune femme à le suivre dans la sombre réserve. Cette dernière signa avec lui un contrat de travail, et découvrit non sans effarement, son nouvel uniforme, des plus raccourcis.... Elle partit se changer dans les vestiaires délabrés, et parue devant son nouveau patron, celui-ci la jaugea d'un air satisfait, et passa son épaisse langue rouge sur ses lèvres protubérantes :
-Mmmmh les clients vont t'apprécier ! Déclara t'il en la dévorant des yeux.
La jeune femme ignora délibérément le présupposé, et se rendit, mal à l'aise, dans la salle principale, afin de prendre les commandes des différents clients, paraissant aussi douteux que son employeur... Malheureusement, elle n'avait guère plus le choix... Résignée, elle se mit au travail, ignorant les explicites ½illades des consommateurs, songeant amèrement que ses années de bonheur se trouvaient dans un lointain passé...
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